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J'ai pas l'temps !


J’ai pas l’temps !

 

La preuve, j’ai même pas l’temps d’dire correctement « je n’ai pas le temps » !

 

Le temps… Qui pourrait en avoir assez dans ce monde où les sollicitations abondent ?

Comment pourrais-je, alors qu’il n’y a que 24 heures dans une journée, dormir mon quota d’heures, bien faire mon travail, nourrir mes enfants de manière équilibrée, les aider pour leurs études, partager leurs joies et leurs peines du quotidien, discuter avec mon amoureux d’autre chose que du planning de sortie des poubelles, suivre un peu ce qui se passe dans le monde, décider pour qui je voterai aux présidentielles, prendre un verre avec un copain de passage à Paris, appeler une copine qui déprime, lire le dernier Maxime Chattam, faire du sport deux fois par semaine (si, si !), organiser les vacances d’été, lire tous mes mails, acheter cette nouvelle paire de chaussures sans laquelle je ne sais pas comment j’ai vécu 48 ans (euh, pardon, je voulais dire 37) et qui est à -50% seulement jusqu’à 23h59…

 

Me voilà donc obligée, comme la majorité des gens, de faire ce que je déteste : des renoncements !

Comme mon ami d’enfance, pourtant de nature rêveuse, qui réalise qu’il ne prend plus le temps de regarder autour de lui lorsqu’il se déplace, car il est toujours le nez dans son téléphone portable.

Comme ce père divorcé qui ne voit ses enfants qu’un week-end sur deux et me confie son regret d’avoir répondu dimanche à sa petite fille qu’il n’avait pas le temps de l’emmener faire du vélo car il devait finir de remplir des papiers importants.

Comme ces gens que je vois traverser à toute vitesse l’esplanade de la Défense, sans prêter attention à une femme d’un certain âge qui essaye de demander un renseignement et finit par dire de manière à peine audible, au bord des larmes, « Mais, pourquoi personne ne me répond ? »

Comme les 2 999 400 abonnés Substack qui ne prennent pas le temps de lire ma newsletter (un grand merci et bravo aux 600 autres !).

 

On s’imagine toujours que l’on serait plus heureux si on avait plus de temps : pour soi, pour son couple, pour ses enfants, pour ses amis, pour son travail…

Mais à courir après ce que l’on n’a pas, on perd de vue l’essentiel : le temps est relatif.

Pour vous le prouver, je vous résumerais bien la théorie de la relativité générale, mais ni vous ni moi n’avons le temps ! Je me contenterai donc de vous faire partager cette observation : la quasi-totalité des personnes de mon entourage qui ont de jeunes enfants ne se rappellent même plus comment elles faisaient pour occuper tout leur temps libre quand elles n’en avaient pas… et pourtant, elles n’avaient, bien sûr, pas le temps de faire tout ce qu’elles voulaient.

 

Vous pouvez donc tenir un petit carnet de tout ce que vous feriez si vous étiez rentier ou, à défaut, le jour où vous serez retraité… Mais ce n’est pas cela qui va vous aider à profiter de la vie, la vraie : celle qui se passe en ce moment !

À moins d’avoir la sagesse d’un moine tibétain qui aurait effectué son stage de fin d’études chez Maître Yoda, vous n’êtes pas près d’avoir assez de temps à votre goût.

 

Alors, la prochaine fois que vous sentez la phrase « J’ai pas l’temps » s’apprêter à franchir la barrière de vos lèvres, je vous invite à vous demander simplement si vous n’êtes pas en train de sacrifier l’important à l’urgent (lui-même souvent très relatif, soit dit en passant).

 

Personnellement, j’ai choisi mon camp : je préfère répondre avec le sourire à une personne qui me demande son chemin dans la rue et prendre le risque d’arriver à mon rendez-vous avec 2 minutes de retard (avis à tous ceux qui sont perdus sur l’Esplanade de la Défense, il ne vous reste plus qu’à me reconnaître, vous avez une photo pour vous y aider).

 

 
 
 

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