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Comment choisir le bon conférencier (ou la bonne conférencière) pour son événement en entreprise ?

Vous avez trouvé quelqu'un. Son titre est impressionnant, sa biographie bien tournée, la vidéo de présentation est convaincante. Trois semaines après l'événement, vous réalisez que tout le monde a applaudi, mais que personne ne se souvient vraiment de ce qu'il a dit. Et surtout, rien n'a changé.


Ce scénario est plus courant qu'on ne le croit. Non par manque de budget ou de bonne volonté, mais parce qu'on confond souvent deux choses très différentes : un conférencier qui impressionne et un conférencier qui transforme. Une conférence d'entreprise réussie n'est pas un divertissement de qualité : c'est une intervention qui laisse une trace dans les comportements, dans la manière dont une équipe pense un problème, ou dans le lien qui unit un collectif. C'est ce critère, et pas uniquement la notoriété de l'intervenant(e), qui devrait guider votre choix.


Quel est vraiment votre objectif pour cet événement ?


Avant de chercher un nom, posez-vous cette question. Voulez-vous inspirer ? Informer ? Créer un déclic émotionnel ? Célébrer une étape ? Reconnecter une équipe après une période difficile ? Ce sont des objectifs très différents, et ils appellent des profils de conférenciers très différents.


Une entreprise industrielle avait choisi un conférencier spécialisé en "motivation et dépassement de soi" pour son séminaire de rentrée. Problème : l'équipe traversait une restructuration difficile. Le discours enthousiaste a créé une dissonance totale. Les collaborateurs avaient besoin d'être entendus, pas galvanisés. L'événement a été vécu comme un décalage douloureux. Partir de l'objectif réel aurait évité cette erreur.


Le conférencier parle-t-il de son sujet, ou à votre public ?


C'est peut-être la question la plus discriminante. Il y a des expert(e)s qui partagent leur expérience, et des expert(e)s qui adaptent leur discours à votre contexte, votre secteur, votre moment. Ce ne sont pas les mêmes personnes, et ça ne produit pas le même effet.


Un conférencier "athlète de haut niveau" qui donne exactement le même discours à une équipe de commerciaux et à une équipe de soignants ne fait pas de la conférence : il fait du spectacle. Rien de mal à ça si c'est ce que vous cherchez. Mais si vous voulez que vos collaborateurs repartent avec quelque chose d'utilisable le lundi matin, vous avez besoin de quelqu'un qui a pris la peine de comprendre ce que vous vivez, les mots que vous utilisez, les tensions que vous traversez.


Un bon indicateur : lors du premier échange, est-ce que l'intervenant(e) vous pose des questions sur votre entreprise, ou vous parle surtout de lui ou elle ? Est-ce qu'il ou elle cherche à savoir où en est votre équipe, ce qui s'est passé dans les six derniers mois, ce que vous espérez que les gens ressentent en repartant ? Si la réponse est non, l'adaptation dont vous avez besoin ne viendra pas.


Comment évaluer ce que vous ne pouvez pas voir en amont ?


Les vidéos de conférence sont souvent les meilleures prestations de l'intervenant(e), choisies, montées et mises en valeur. Elles ne vous diront pas comment il ou elle réagit quand une question déstabilise, quand la salle est froide, ou quand le timing déraille.


Trois leviers complémentaires permettent de mieux évaluer. D'abord, les références : pas les logos sur le site, mais des contacts réels avec qui vous pouvez parler cinq minutes. Ensuite, les verbatims de participant(e)s, pas seulement de responsables RH. Et surtout, un appel préparatoire d'au moins trente minutes. Une directrice des ressources humaines m'a raconté avoir découvert lors de cet appel que le conférencier pressenti ne connaissait pas son secteur, n'avait pas prévu de se renseigner, et comptait adapter "en live". Elle a changé de choix deux semaines avant l'événement.


Le format de la conférence correspond-il à ce que vous voulez déclencher ?


Une conférence magistrale d'une heure en amphithéâtre crée un effet différent d'un format interactif avec temps d'échange, d'une table ronde ou d'un atelier de mise en pratique. Ce n'est pas une question de budget ou de logistique : c'est une question d'intention.


Si vous voulez que vos équipes repartent avec de l'énergie et des idées nouvelles, un format participatif sera plus efficace qu'un monologue, même brillant. Si votre objectif est de renforcer la cohésion et de faire travailler les gens ensemble sur quelque chose qui les concerne, pensez à des formats qui mettent les participants en mouvement plutôt qu'en posture d'écoute passive. Je me rapelle équipe de quinze personnes qui s'est retrouvée dans un amphi pour entendre deux heures de discours inspirant alors qu'elle avait, au fond, besoin de se parler. Le format avait court-circuité l'objectif.


Avez-vous prévu ce qui se passe après la conférence ?


C'est le point le plus souvent négligé, et pourtant le plus déterminant pour l'impact réel. Les recherches en sciences cognitives sont claires : sans ancrage dans les jours qui suivent, l'effet d'une intervention, aussi puissante soit-elle, s'estompe en 72 heures.


Une conférence sur l'engagement collectif sans aucun temps de débrief prévu n'a presque aucun impact durable. En revanche, une conférence suivie d'un atelier le lendemain, ou d'un temps d'échange en équipe dans la semaine, multiplie significativement les chances que quelque chose change vraiment.


Certains intervenants proposent eux-mêmes des ressources pour prolonger : un livre, des questions de réflexion pour les managers, un format court de suivi à distance. C'est un signe que l'impact les intéresse autant que la prestation. Demandez-leur ce qu'ils recommandent pour ancrer ce qu'ils auront partagé. Si la réponse est "rien de particulier", c'est une information utile sur la vision qu'ils ont de leur propre rôle.


Alors, comment faire le bon choix ?


Il n'y a pas de formule. Mais il y a une logique : partir de l'objectif, vérifier l'adéquation avec votre public, tester la posture de l'intervenant(e) lors du premier échange, choisir un format cohérent avec l'effet souhaité et prévoir un après.


Le budget entre évidemment en compte. Mais il est souvent mieux employé dans une intervention moins connue et mieux ciblée que dans un grand nom dont le discours ne collera pas à votre moment. La notoriété rassure en amont. La pertinence fait la différence le jour J, et surtout les semaines d'après.


Ce qui rend une conférence mémorable n'est presque jamais le nom sur l'affiche. C'est la précision avec laquelle elle répond à ce que vit votre équipe au moment où vous l'organisez. Un(e) bon(ne) conférencier(ère) ne vous impressionne pas : il ou elle vous donne quelque chose à faire de ce qu'il ou elle a dit. Et ça, ça se prépare bien avant le jour J.



 
 
 

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