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Pourquoi, dans un conflit, nous sommes toujours convaincu d’être la seule personne à faire des efforts


Photo générée par IA
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L’autre jour, après une dispute avec mon conjoint, j’étais persuadée d’être la seule à faire des concessions.

Puis, en y réfléchissant, je me suis souvenue de ces managers et collaborateurs que j’accompagne en coaching, et qui expriment souvent le même sentiment :

« C’est toujours moi qui fais des efforts, les autres s’en moquent ! »

Cette prise de conscience m’a frappée : et si, dans un conflit, chacun avait exactement la même impression ?


Cette situation, fréquente aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle, s’explique par des mécanismes psychologiques bien identifiés. En les comprenant, on peut transformer une dispute en opportunité de dialogue et de collaboration.

Voici comment.


Pourquoi avons-nous l’impression d’être les seuls à faire des efforts ?


Plusieurs biais cognitifs entrent en jeu et brouillent notre perception.


1. Le biais d’autocomplaisance

Nous attribuons nos succès à nos qualités (« J’ai désamorcé le conflit grâce à mon sang-froid ») et nos échecs à des facteurs externes (« C’est de sa faute, il n’écoute jamais »). À l’inverse, les efforts de l’autre nous semblent moins visibles que ses manquements. Par exemple, si je cède sur un point, je le vis comme un sacrifice, alors que si l’autre le fait, je le trouve normal, voire insuffisant.


2. La théorie de l’attribution

Nous jugeons nos propres comportements avec bienveillance (« Je suis stressé, c’est pour ça que j’ai réagi comme ça »), mais interprétons ceux des autres comme des traits de caractère (« Ilelle est égoïste, borné »). Résultat : le conflit s’envenime, car chacun se sent incompris et injustement critiqué.


3. La polarisation des groupes

Même à deux, un conflit peut créer une dynamique de « camp ». Chaque partie renforce ses positions pour se protéger, adoptant des postures plus radicales que celles qu’elle aurait individuellement. La colère et la frustration prennent le dessus, et chacun ressort convaincu que sa position est la seule valable.


Ces biais, combinés, nous enferment dans une spirale où l’autre devient l’ennemi à convaincre plutôt qu’un partenaire à comprendre.

Comment sortir de cette impasse ?


1. Prendre conscience du processus

Reconnaître que ces mécanismes existent permet de relativiser. « Et si l’autre ressentait exactement la même chose que moi ? » Cette question simple peut désamorcer la colère et ouvrir la porte à l’empathie.


2. Prendre du recul pour apaiser les émotions

Quand les tensions sont vives, il est essentiel de marquer une pause. Allez marcher, boire un thé, appeler un·e ami·e, ou comme moi, voir un film inspirant (« La maison des femmes », dans mon cas). L’objectif ? Éviter que l’émotion ne guide vos mots et vos décisions.


3. Structurer la discussion

Une fois les esprits calmés, relancez l’échange en posant un cadre clair :

  • Pas d’interruptions ni de ton agressif.

  • Exprimer des faits et des ressentis (« Je me suis senti ignoré quand… »), pas des jugements (« Tu es irrespectueux »).

  • Formuler des demandes (« J’aimerais qu’on trouve un moment pour en reparler sereinement »), pas des reproches (« Tu ne m’écoutes jamais »).


    Des outils comme la communication non-violente ou, en cas de blocage, l’intervention d’un médiateur, peuvent être précieux.


4. Se recentrer sur des objectifs communs

Dans un couple, comme en équipe, les désaccords portent souvent sur comment atteindre un but, pas sur le but lui-même.

« On veut tous les deux une relation épanouie », « On partage l’envie d’un climat de travail serein ».

Partir de ces points d’accord permet de reconstruire un dialogue constructif.


Et dans votre équipe, comment gérez-vous les conflits ?

La prochaine fois qu’un désaccord éclate, essayez cette approche : identifiez d’abord ce qui vous unit, puis cherchez ensemble des solutions. Vous serez peut-être surpris·e de constater à quel point cette posture change la dynamique.


 

 
 
 

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