On n’attend pas le bon moment pour se lancer. On se lance en espérant que ça sera le bon moment.
- delphineluginbuhl
- 4 juin
- 2 min de lecture

Je ferais bien comme si cette citation était de moi, parce qu’elle envoie du bois ! Mais j’aime rendre à César ce qui est à César : elle est de John Podesta, un ancien conseiller stratégique de la Maison Blanche.
Cette phrase résonne avec un phénomène que j’observe très régulièrement, que ça soit dans ma vie professionnelle ou personnelle : une tendance fort répandue à attendre que tous les signaux soient au vert pour passer à l’action.
Spoiler alert : c’est la meilleure façon de ne rien faire !
Démonstration avec l’aide d’Alice, jeune salariée qui a envie de se lancer dans l’entrepreneuriat.
A 25 ans, elle se dit : « il faut que j’acquière un peu d’expérience pour être crédible »
A 30 ans : « ça n’est vraiment pas le bon moment, j’ai des enfants en bas âge qui me prennent beaucoup d’énergie. »
A 35 ans : « je suis en plein divorce et n’ai vraiment pas la tête à ça. »
A 40 ans : « on me propose une super promotion, ça ne se refuse pas. »
A 45 ans : « j’ai besoin de sécurité financière pour payer les études supérieures des enfants »
A 50 ans : « j’ai un gros problème de santé et dois m’économiser. »
A 55 ans : « je suis trop proche de la retraite pour mettre en péril mes dernières annuités. »
A 60 ans : « c’est trop tard... j’aurais dû le faire plus tôt. »
Bien sûr, il y a dans la vie des moments plus propices au changement que d’autres. Mais globalement, ce qui fait que c’est « le bon moment » pour se lancer, c’est que l’on décide d’y aller et de s’en donner les moyens.
Et je ne parle pas seulement de choix personnels.
Est-ce le bon moment pour lancer une réorganisation ? Pour fusionner ? Pour recruter ce DRH dont vous avez besoin depuis deux ans ? Pour enfin faire ce séminaire que tout le monde repousse ?
La question se pose partout, tout le temps, et elle paralyse bien plus souvent qu’elle ne protège.
Alors si une petite voix (intérieure ou extérieure) vous souffle que ce n’est pas le bon moment, retournez-lui la question : quand est-ce que ça le sera ?
La réponse vous dira tout.
Si elle est précise (« dans six mois, quand le projet X sera bouclé, quand l’équipe sera stabilisée... »), alors cette voix est une alliée que vous avez tout intérêt à écouter. Il y a une vraie raison d’attendre, soutenue par un plan.
Si elle est floue (« ça dépend, on verra, le contexte peut évoluer... »), alors cette voix est celle de la procrastination, bien mal déguisée en sagesse.
Dans ce cas, je vous incite à suivre une boussole drôlement commode : votre envie. Si elle est là, foncez et donnez-vous les moyens de réussir. Sinon, passez à autre chose sans culpabilité.
Les Grecs avaient deux mots pour le temps : chronos, le temps qui s’écoule, et kairos, le moment opportun. La différence entre les deux ? Kairos ne se trouve pas, il se saisit.
Le bon moment sera toujours celui que vous choisirez.




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